TREKKING
AU FOUTA DJALLON
LE
DEBUT
J’ai
eu la chance de participer à un projet de coopération
en Afrique ; c’est une expérience qui a marqué
et changé ma vie, j’ai connu le tréfond de
mon âme et un vaste, nouveau monde.
Le contact avec les gens a été intense et il m’a
permis de mieux comprendre la vie quotidienne, les coutumes et
la mentalité.
Il est drôle de nous observer dans la nouvelle situation
: ceux qui chez nous constituent tout simplement une catégorie,
les "extracommunautaires", reprennent leur statut de
personnes, et on les approche gentiment ! - …excusez monsieur,
vous m'excusez madame..." - et ainsi nous nous faisons connaître
finalement -… vous pouvez me comprendre ? vous permettez,
je m’appelle Gérard, je viens de l'Europe, de la
France… vous savez?".
1986, la Guinée sortait à peine de la dictature
de Sékou Tourè et, après un isolement de
26 ans, cherchait à retrouver les contacts avec le reste
du monde.
Dans ce cadre débutait notre projet et notre ONG était
parmi les premières à s’installer en Guinée.
Il est difficile à dire, entre nous et les guinéens,
qui étaient les plus prêts au défi qui nous
attendait ; ainsi l'expérience a eu les aspects typiques
de toute aventure de jeunesse : discussions âpres, querelles,
efforts formidables et une confrontation franche et gaillarde
dans laquelle chacune une des parties croyait fortement à
ses convictions.
Ensuite les choses changèrent, mais pendant quelques années
l’on pouvait dire que "ils travaillaient comme s'ils
devaient vivre mille ans et ils faisaient fête comme si
c’était le dernier jour de leur vie"
Ainsi était l’ambiance au début et c'est dans
les moments libres et aussi pendant les interventions aux endroits
les plus éloignés de la zone que nous finîmes
par découvrir et aimer le Fouta Djallon.
LA
DÉCOUVERTE DES LIEUX ET LA RECONNAISSANCE DES PARCOURS
Il est vrai que ce qu’on définit comme
découvertes « exceptionnelles » , souvent ne
sont que des aspects normaux
de la vie quotidienne pour les autochtones, mais les émotions
se cachent toujours dans l’esprit humain, capable de s’émerveiller
devant les formes spectaculaires de la vie et de la nature.
La (nôtre) découverte des lieux présentés
dans ce website s'est développée surtout dans la
période entre janvier 1987 et mai 1998, dans un contexte
« vierge » puisque même les guinéens,
dans la plupart des cas ne connaissaient que les sites aux alentours
de leurs villages ; les raisons de ça vont du manque de
moyens de déplacement à l'habitude d'éviter
des mouvements mal vus par les autorités de la récente
dictature.
Juste pour trouver la chute de Saala, en mars
1987, ils nous fallutplusieurs sorties et environ un mois de temps
en tout, même si on roulait en Land Rover et si nous étions
guidés par Rabiatou Barry qui est de la zone.
P ersonne ne pouvait nous dire où se trouvaient ces chutes.
Les villageois ne prenaient certainement pas au sérieux
des gens qui cherchaient une chute et ceci engendrait des réponses
souvent contradictoires qui nous avaient poussés jusqu’à
90 km en direction complètement opposée!
Enfin la chute fut trouvée, mais, s'il est vrai que le
cours d'eau s’appelle Saala, la chute se trouve dans un
site dont le nom est "Sùmha". C'est donc la chute
de Sùmha, en poular "djùrndè Sùmha".
Pas facile...
Les chutes de Kambadaga méritent une citation
à part : ces sont les chutes qui nous ont été
cachées intentionnellement, et ceci pendant 14 mois ! Je
dois cette blague à Fèliciano Monti, médecin
et collègue au Projet : pendant l’une de ses missions
de travail dans le village de Brouwal Tappe, il découvre
les chutes et il nous cache soigneusement l’endroit pour
pouvoir y passer ses dimanches en paix... et en douce compagnie
nous supposons !Doucky
et toute la zone ; Gionni et moi,nous les trouvâmes après
quelques dimanches de ballades dans le « bowal » entre
Pita et Telimelé. Dans la piste principale nous trouvâmes
même un couple de suisses qui avançait péniblement
sur les cailloux , sous la canicule dans leur petite 4 x 4 Daihatsu
rouge.
Nous les vîmes arriver de loin, en dansottant sur les pierres
du plateau ;dans la voiturette dure comme une planche, à
une vitesse de zéro kilomètres/heure, venaient d’au
moins 150 km de piste pareille, partis le jour avant de Telimelé.
Au fur et à mesure que la bagnole s'approchait nous nous
rendions compte qui c’étaient deux blancs, et ne
pouvait pas qu'être ainsi parce que seulement des étrangers
perdus auraient pu entreprendre cette piste. Ils s'approchent,
il semble que ce soit un homme et une femme, nous commençons
à distinguer la plaque... ZH ... - suisses?... ici ? –
ils nous arrivent à coté, nous voyons qu'ils sont
couverts de piqûres d'insectes, une série de piqûres
doubles, souvenir d’une nuit en compagnie des poux, quelque
part.
Ils s'arrêtent, ils nous regardent fatigués, et exclament
: "nous sommes suisses!".
Je me souviens encore de notre irréfrénable éclat
de rire, et entre un soupire et l'autre Gionni trouve la force
de leur faire remarquer que Zurich est bien loin… Par fois
on taquine le monde sans s'en rendre compte.
Nous les retrouvâmes deux jours après à la
chute de Saala, ils étaient bien rétablis et ils
nous prirent quelques photos.

Gionni et Flavio
Le cours du Fetorèwol a été
identifié avec beaucoup plus de méthode et moyens
en novembre 1996.
Tous les sentiers qui vont de Ninguelande, jusqu'à la Kakrima,
toutes les chutes et villages du bassin hydrographique de la zone,
en remontant et en parcourant dans tous les sens le Fetorèwol
de la Kakrima sur jusqu'à Safa, à Ley - Fita et
Aïnguel, ont été parcourus à pied et
enregistrés au GPS ; ces données ont été
rapportées sur les cartes et ils m'ont permis de réactualiser
les sentiers présents dans la carte de l’IGM français
qui datait du 1936.
Cette reconnaissance du terrain a durée six jours, pendant
lesquels nous avons été hébergés dans
les villages ; nous avons mangé uniquement le peu de nourriture
que nous avions avec nous et, moi personnellement, j’ai
consommé 12 boîtes de sardines, environ 2 kg de pain
et fruits que nous avons achetés pendant notre chemin.
En six jours nous avons parcouru environ 125 km et sans se presser,
sauf une journée de 24 km entre la chute de Kassifo et
Safa.
Personnellement je n'ai jamais dédaigné m'arrêter
et me jeter un moment dans l’eau d’une anse particulièrement
attrayante du Fetorèwol près du sentier.
Les participants à la semaine "sur le terrain"
:
Saifoulaye Diallo , maintenant président
et guide de Fouta Trekking Aventure de Labé.
Tafsìr Diallo, collaborateur du projet
d’appui aux Paysans du Fouta Djallon de la Caisse Française
de Développement de Timbi Madina
Flavio Callegarin, moi même, à l'époque
coordinateur du projet GVC de la Coopération Italienne
de Labé.
Ma
profonde gratitude à :
Rabiatou Barry ou Raby Tata, devenue par la suite
mon épouse et mère des mes enfants, pour m’avoir
toujours encouragé dans mes rêves et pour avoir inventé
l'Hôtel Tata de Labé et en devenir la véritable
âme.
Gionni Vit , frioulan, compatriote et grand copain,
compagnon de mille découvertes et nuitées inoubliables.
Fatou Binta Diallo, mère de Saifoulaye,
collaboratrice à la maison des volontaires de la coopération
Gionni et Flavio, pour sa fine intelligence et pour nous avoir
appris les premiers rudiments de langue française.
Saufolulaye Diallo, maintenant président
et guide de Fout Trekking Aventure, qui, à l’age
de quatorze ans, suivait sa mère Fatou Binta Diallo au
travail chez nous et me submergeait de mille questions chaque
soir.
Binta Diallo, actuelle responsable de l'Hôtel
Tata de Labé, collaborattice de famille, véritable
"deuxième maman" de nos deux enfants Gabriele
et Regina et principale assistante du docteur Traoré à
la naissance de Regina, une nuit de janvier '95.
Mamadou Djuldè Sow, "Maître
Sow", très cher ami personnel et patiente aide dans
l'identification de tous PK des "road books" des différents
sites.
Grazis et màndi à dùc !
Flavio
Callegarin, de Casarsa de la Delizia, Friuli, Italie
www.tatasenegal.com